Où vit-on le mieux en Saône-et-Loire? L’interview.
En marge de l’enquête réalisée par l’hebdomadaire l’Express sur la qualité de vie des villes de Saône-et-Loire, vous trouverez ci-dessous mon interview sur ce dossier.
Quel est votre modèle de développement ?
Je cherche à conjuguer trois éléments : suivre une bonne stratégie économique, augmenter la population de la ville et accroître sa notoriété.
Concrètement ?
Ma priorité consiste à m’appuyer sur notre position géographique : Mâcon est un carrefour autoroutier, avec l’A6, l’A40, demain la RCEA vers Nantes.
Elle dispose aussi de la Saône, du TGV, sans oublier les aéroports de Genève et de Lyon, situés à moins d’une heure.
La proximité de la capitale de Rhône-Alpes est l’autre chance de Mâcon : à nous de profiter de son dynamisme, grâce au TER cadencé qui circule toutes les heures aujourd’hui et demain, je l’espère, toutes les demi-heures. Nous en voyons d’ailleurs déjà les effets, puisque nous venons de récupérer un DESS sur l’eau. D’autres enseignements pourraient suivre car l’Université de Lyon est saturée.
Avec le risque de vous transformer en banlieue-dortoir…
Je ne le crois pas. Ce risque existe pour les communes à proximité immédiate de Lyon, pas pour Mâcon.
Non seulement nous en sommes plus éloignés, mais nous avons une longue histoire derrière nous, donc une identité bien affirmée. Cela dit, le risque n’est pas absolument nul. C’est pourquoi je ne me contente pas de construire des logements à destination de lyonnais effrayés par les prix de l’immobilier en vigueur à Fourvière ou à la Croix-Rousse. Je crée aussi de grands équipements, sportifs ou culturels, afin que l’on trouve ici tout ce qui fait une vraie ville.
La qualité de vie de Mâcon doit être de bon niveau, pour séduire de nouveaux habitants. C’est notamment le but de l’Esplanade Lamartine, sur les quais de la Saône, ou de la grande salle événementielle.
Pourquoi vouloir aussi augmenter la population ?
C’est une question de bonne gestion. Quand 35 000 personnes seulement financent un équipement conçu pour 40 000, il ne faut pas sortir de l’ENA pour comprendre que cela pose des problèmes. Cette croissance démographique nous permettra également de percevoir davantage de subventions de l’Etat.
Au total, les caisses de la commune s’en porteront mieux.
Et la notoriété ?
Pour attirer, encore faut-il que les gens vous connaissent ! J’ai commencé par le plus simple : l’arrivée du tour de France. Je continue aujourd’hui par une politique événementielle, en misant sur le cirque et la magie.
Dans votre stratégie, pas un mot sur Chalon…
Non. Car nous n’avons pas les mêmes caractéristiques, donc pas les mêmes centres d’intérêt. Chalon est une grande ville industrielle, qui peut dessiner avec Le Creusot et Montceau-les-Mines un très beau pôle nucléaire.
Vous disposez comme elles d’une usine Areva…
Certes, mais elle est spécialisée dans l’électricité.
Vous êtes aussi reliés par l’A6 !
Certes, mais l’autoroute nous rapproche surtout de Lyon. Honnêtement, je ne vois pas bien ce que nous pourrions faire avec Chalon, qui est un peu loin. Et ce n’est pas un problème politique : c’était déjà vrai du temps de Dominique PERBEN, qui avait tourné sa ville vers Le Creusot et Montceau
Précisément, voyez-vous des collaborations possibles avec ces deux dernières villes ?
Encore moins. J’ai beaucoup d’estime pour André BILLARDON, mais que pourrions-nous faire ensemble ? Rien. Alors ne perdons pas trop de temps avec cela.
Propos recueillis par Pierre FALAGA et Michel FELTIN
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